LA RELATIVITÉ SALARIALE

UNE OBLIGATION LÉGALE ?

Depuis la conclusion d’une entente de principe entre le Front commun et le gouvernement, plusieurs ont exprimé le point de vue suivant : le gouvernement avait une obligation légale de procéder à des travaux sur les relativités salariales et, ainsi, les augmentations salariales de 2019 ne seraient pas de « vraies » augmentations salariales.

Distinguons d’abord deux types de relativités qui ont été traités lors de cette négociation. Tout d’abord, le Front commun demandait à ce que les catégories d’emploi mixtes (c’est-à-dire n’ayant pas de prédominance féminine ou masculine) soient enfin évaluées et rangées selon les mêmes critères objectifs mis en place lors de l’exercice de l’équité salariale. La Loi sur l’équité salariale étant muette à ce sujet, aucune obligation légale ne forçait le gouvernement à procéder à de tels travaux ni à octroyer les correctifs salariaux appropriés, comme ceux que nous avons négociés pour les enseignants de cégep, entre autres catégories d’emploi.

De son côté, le Conseil du trésor souhaitait procéder à une révision complète de la structure salariale du secteur public, qui date des années 1960. Les organisations syndicales auraient pu faire l’autruche et ignorer le nombre d’incohérences et d’iniquités qui s’y sont installées au fil des années. Soyons clair : il n’est pas équitable que différents titres d’emploi d’un même rangement (donc, ayant une valeur équivalente) aient chacun leur propre échelle salariale, où le salaire d’entrée varie, le salaire au sommet de l’échelle diffère et que chacune comporte un nombre d’échelons différents, soit une progression salariale variable.

Après avoir posé ces conditions (notamment, que les augmentations des uns ne se fassent pas au détriment des autres, qu’il n’y ait pas de baisse de salaire pour personne et que cet exercice ne puisse disposer des augmentations salariales à négocier), le Front commun a accepté de procéder à ces travaux. Après avoir conclu une entente sur la base du principe « un rangement, une échelle », le Front commun a obtenu un rehaussement de la structure salariale de l’ordre de 2,5 %. En moyenne, les salariés du secteur public obtiendront une hausse salariale de 2,4 % en 2019. Aucun salarié ne subira de perte de salaire au terme de cet exercice, et ce, grâce à un gain obtenu par la négociation.

Encore une fois, le gouvernement n’avait aucune obligation légale d’effectuer ces travaux. Encore moins de rehausser la structure de 2,5 %.

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