Le quotidien de la grève #09

Sur le terrain #2

11 novembre 2015

SUR LE TERRAIN #2

Afin de donner la parole aux militantes et aux militants qui sont au cœur du mouvement de grève du secteur public, le Quotidien publiera quatre textes rédigés par une travailleuse ou un travailleur de chacune des fédérations de la CSN. Voici le second texte : Sur le terrain.

Texte d’une militante de la Fédération des employées et des employés de services publics (FEESP-CSN)

La grève, pourquoi en sommes-nous rendus là ?

Grève, un mot qui fait sourciller bien des gens, mais combien légitime comme action collective pour faire entendre nos revendications ! Je vis présentement ma première grève en tant que présidente de mon syndicat et je peux vous assurer que les revendications du personnel de soutien du secteur public portent davantage sur la précarité d’emploi et les conditions de travail que sur les questions monétaires.

Trop peu reconnu, le personnel de soutien participe pourtant activement au soutien des élèves, de la clientèle et des établissements pour lequel il travaille. Personnel éducateur, administratif, manuel, en adaptation scolaire : ils représentent des atouts majeurs en éducation. Nous revendiquons de conserver nos acquis pour lesquels des gens se sont battus pour arriver à faire reconnaître notre travail au fil des ans, mais encore là, trop peu de personnes reconnaissent véritablement ce que nous faisons. Imaginez : en éducation, lorsqu’une secrétaire d’école s’absente pour une seule journée, c’est dramatique. En effet, qui s’occupera des absences, qui veillera à contacter les parents du petit Félix fiévreux et nauséeux ? Et que dire du personnel en service de garde qui doit jongler avec les ratios non respectés, et avec des élèves qui ont besoin de services en adaptation scolaire qui ne leur sont pas donnés par manque de budget, et qui en se désorganisant viennent mettre en péril les activités éducatives ?

La précarité d’emploi et l’instabilité occupent en grande partie notre réalité. Les coupes d’heures, la surcharge de travail et le manque de reconnaissance sont tangibles et en accélération croissante. Mais si on coupe dans les heures, on prive également la clientèle de services auxquels elle a droit.

En tant qu’éducatrice en service de garde, je fais la grève pour :

  • soutenir et faire reconnaître le travail du personnel de soutien, car notre présence est essentielle en éducation comme en santé ;
  • continuer à offrir un service de qualité à la clientèle ;
  • dénoncer le recul majeur que nous offre le présent gouvernement dans nos conditions de travail en privilégiant le privé au public ;
  • assurer la viabilité du réseau public pour l’ensemble de la population.

C’est en se tenant debout, ensemble, que nous pourrons nous assurer qu’en santé les soins offerts seront à la hauteur des attentes et qu’en éducation, l’encadrement offert à nos jeunes sera garant de notre avenir !

Isabelle Larouche
Militante FEESP
Présidente du syndicat du personnel de soutien scolaire des Découvreurs

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