Le quotidien de la grève #10

Sur le terrain #3

12 novembre 2015

SUR LE TERRAIN #3

Afin de donner la parole aux militantes et aux militants qui sont au cœur du mouvement de grève du secteur public, le Quotidien publiera quatre textes rédigés par une travailleuse ou un travailleur de chacune des fédérations de la CSN. Voici le troisième texte : Sur le terrain.

Texte d’une militante de la Fédération des professionnèles (FP-CSN)

Pourquoi se mobiliser et faire la grève ? Parce que la qualité de nos conditions de travail est essentielle pour offrir des services de qualité à la population la plus vulnérable du Québec !

Depuis les dernières années, les services en santé et services sociaux font face à des réductions budgétaires de plusieurs millions de dollars. Ces coupes mettent en péril notre capacité à offrir des services de qualité à la population la plus vulnérable du Québec.

Face aux coupes budgétaires, dans les centres jeunesse comme dans l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux, nous avons encaissé les coups. Notre charge de travail est grandement augmentée, alors que notre satisfaction au travail et notre santé sont mises à mal.

Nous méritons mieux. Chaque jour, nous faisons la différence dans la vie des jeunes et des familles en difficulté. Nous méritons d’être traités équitablement, notamment par un salaire juste. Comme tout le reste de la population, les travailleuses et les travailleurs du secteur public voient le coût de la vie augmenter. Ne devrait-on pas obtenir un salaire en conséquence ? Que le gouvernement « offre » des augmentations salariales de 0-1-1-1-0 % à ces travailleuses et travailleurs qui aident quotidiennement des milliers de Québécois ne fait que traduire son ignorance volontaire de l’impact de notre travail.

« Offrir » aux travailleuses et travailleurs, comme le propose la partie patronale dans le secteur de la santé et des services sociaux, de revoir l’étalement de la semaine de travail sur plus de cinq jours par semaine est non seulement une option contre indiquée pour attirer la rare relève dans les rangs des services sociaux, mais aussi une option pour rendre impossible l’atteinte de l’équilibre famille-vie personnelle-travail ! Ajoutons à cela que la partie patronale voudrait redéfinir la notion de localité, afin d’augmenter le périmètre de 50 km du domicile ou du port d’attache qui est présentement prévu à la convention collective… Une personne pourrait donc se voir obligée de prendre un poste vacant à plus de 100 ou 200 km du lieu de son dernier poste, et ultimement se voir obligée de changer de titre d’emploi.

« Offrir » de repousser l’âge de la retraite alors que le régime de retraite des travailleuses et travailleurs des centres jeunesse (celui de l’ensemble des services publics) est en pleine santé financière n’est en fait que la preuve de l’opportunisme du gouvernement qui profite de la méconnaissance des uns pour faire, encore une fois, de l’argent sur le dos des gens dévoués à la population.

Nous luttons pour préserver et améliorer nos conditions de travail, essentielles à l’attraction et à la rétention des travailleuses et des travailleurs du secteur public. Nous luttons afin que les services sociaux du Québec demeurent excellents : nous avons à cœur la qualité des services publics !

Marie-Hélène Bergeron
Militante FP
Agente de relations humaines

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